Psaume 9. De tout coeur, je t'exalterai (1998)

Chant triomphal par lequel David rend grâce à Dieu pour une grande victoire. Puis il magnifie la justice divine qui venge les siens en temps et lieu.

Clément Marot (1998) - Strasbourg, Genève, 1542 / Lyons, 1547


1. De tout cœur, je t’exalterai,
Seigneur, et je raconterai
Toutes tes œuvres sans pareilles
Qui sont de si grandes merveilles.

2. En Toi je veux me réjouir,
Seul repos dont je veux jouir ;
Très-Haut, je veux en cantiques
lébrer ton Nom authentique.

3. Puisque par ta grande vertu
Mon ennemi sʼenfuit battu,
pouillé de tout son courage
Au seul regard de ton visage.

4. Car tu fus pour moi si humain
Que tu as pris ma cause en main ;
Ton tribunal fut mon refuge,
Jʼy ai trouvé le juste juge.

5. Chaque peuple en est averti,
Les méchants sont anéantis.
A tout jamais leur renommée
Se trouve éteinte et consumée.

6. As-tu mis, ennemi si fin,
Ton entreprise à bonne fin ?
As-tu rasé nos cités belles,
Leur nom est-il mort avec elles ?

7. Non, non Dieu qui règne Là-Haut
Ne sera pas pris en défaut.
Et son trône est dressé, propice
Pour faire à tous droit et justice.

8. Il gouvernera justement
La terre ronde entièrement,
Pesant la cause avec droiture
De toute humaine créature.

9. En Lui le pauvre trouvera
Lʼabri quand on le traquera ;
Il est la seule forteresse
Au plus dur temps de la détresse.

10. Tous ceux qui connaissent ton nom,
Seigneur, en Toi se confieront,
Car lorsquʼà Toi le coeur se donne,
Jamais tu ne nous abandonnes.

11. Chantez parmi les nations
Le Dieu qui réside à Sion ;
Dans le monde entier que lʼon dise
Ses oeuvres grandes et exquises.

12. Si le sang du juste est versé,
Cʼest Lui qui va le réclamer,
Car jamais notre Dieu nʼoublie
Un affligé qui le supplie.

13. Seigneur, disais-je en mon effroi,
Tu vois ce quʼon a fait de moi ;
Sauve-moi, car je suis aux portes
De la mort, et fais que jʼen sorte.

14. Afin que jʼaille jusquʼau coeur
De Sion dire ta grandeur,
moignant ma réjouissance
Dʼêtre sauvé par ta puissance.

15. Subitement ces malheureux
Tombaient au piège fait par eux ;
Leur pied même est venu se prendre
Au filet quʼils ont osé tendre.

16. Cʼest là quʼon connaît lʼImmortel :
Il a fait un jugement tel
Que lʼinique a senti lʼoutrage
Et le mal de son propre ouvrage.

17. Croyez-le : tous ces premiers rôles*
Sʼen vont au chemin du schéol
Avec ces foules insensées
Qui nʼont pas Dieu dans leurs pensées.

18. Mais le pauvre homme humilié
Ne sera jamais oublié.
O vous qui luttez dans la peine,
Votre espérance nʼest pas vaine.

19. Viens, Seigneur, interviens encore,
Les hommes se croient les plus forts ;
Mets tous les êtres à leur place
En jugement devant ta face.

20. Répands ta crainte, ô Eternel,
Ici-bas sur tous les mortels.
En ce monde, que plus personne
Ne sʼimagine être un surhomme.


 Les Psaumes de David. Clément Marot. Adaptation en français actuel par Marc-François Gonin. ISBN 2-911069-29-3. Editions VIDA. 1998. Reproduit avec permission.

* Croyez : tous ces premiers rôles (suggestion)