Présentation du Psautier de Genève

L’histoire du Psautier de Genève est immensément riche.

Nous ne pourrons pas sur une seule page faire un exposé pour retracer toute son histoire, mais nous pourrons vous présenter en quelques lignes les trois principales versions que nous avons choisies de vous faire connaître.

En seconde partie, vous pourrez suivre l’évolution du Psautier de Genève, au travers des premiers vers du Psaume 1, depuis la version originale de 1562 jusqu’à aujourd’hui.

Résumé :

Le Psautier de Marot-Bèze

Sous l’impulsion du réformateur Jean Calvin, les psaumes furent mis en rime par le poète Clément Marot et le théologien Théodore de Bèze entre 1539 et 1562 pour le chant liturgique du culte réformé.

Les principaux compositeurs des mélodies sont Louis Bourgois, Pierre Davantès et Guillaume Franc.

La version définitive du Psautier de Genève parut en 1587 après quelques retouches effectuées par Théodore de Bèze et Corneille Bonaventure Bertram. Cette dernière version est majoritairement utilisée par les Églises réformées. Le texte est en cours de numérisation pour ce site.


La version de Conrart-La Bastide

Au siècle suivant, le poète Valentin Conrart, premier secrétaire perpétuel de l'Académie française, modernisa le psautier. Son travail, publié en 1677 juste après sa mort, fut achevé par Marc-Antoine Crozat, sieur de La Bastide, en 1679.

Revu par le théologien Bénédict Pictet en 1693, la nouvelle version du psautier fut adoptée par l’Église de Genève le premier dimanche de novembre 1698.

On retrouve cette version dans les recueils évangéliques : Sur les ailes de la foi, À toi la gloire...


La version de Londres ou de Berlin

Une version retouchée fut imprimée à Londres en 1701 pour la communauté francophone et réutilisée par les Eglises réformées de langue française à Berlin.


La version du synode wallon

En août 1721, lors du synode wallon de Dordrecht, les Églises réformées de langue française aux Pays-Bas décidèrent enfin de l’adopter en ajoutant leurs propres retouches. Les États généraux des Provinces-Unies n'en permirent l'introduction dans les temples qu'à partir du 28 janvier 1729. Leur nouveau psautier fut utilisé le premier dimanche d'avril 1729.

Ce psautier devint également la version officielle de l’Église Unie d’Angleterre et d’Irlande pour la communauté francophone et fut réimprimé au cours du 19e siècle.

Le Psautier de Genève de 1729 est intégralement disponible avec musique sur ce site et en version imprimée.

Pour en savoir plus sur ce psautier :
Le psautier des églises réformées au xvie siècle (openedition.org)


La version de Chapal

Le pasteur Roger Chapal présente en 1995 une nouvelle révision du psautier contenant les 150 psaumes en version allégée et moderne, éditée avec musique par Réveil et publications sous le titre le Psautier huguenot.


La version de Gonin

Une version modernisée et révisée du Psautier de Genève a été effectuée par le poète Marc-François Gonin et imprimée en 1998 aux éditions Vida sans musique. Son texte est en cours de publication sur ce site avec la permission de l’éditeur.
 

Visite :


Le première version en 1562

La version de 1562 est la première version du Psautier de Genève de Clément Marot et de Théodore de Bèze.

Une des premières éditions consultable en ligne sur internet est le psautier de 1563 numérisé par la Bibliothèque Nationale de France.

Edition de 1565 numérisée par Google :




Version officielle de 1587

La version de 1587 est une légère révision de la version originale du Psautier de Genève de 1562. La révision fut dirigée par Clément Marot et de Corneille Bonaventure Bertram.

Édition de 1630 à Sedan numérisée par Google :




Édition de 1674 à Charenton numérisée par Google :




Autre édition de 1682 en vente à Charenton numérisée par Google :




Édition de 1684 à Genève numérisée par Google :




Le psautier était aussi imprimé aux Pays-Bas pour les huguenots réfugiés.


A la fin du Nouveau Testament, imprimé en 1684 à Amsterdam numérisée par Google :




On le retrouve dans la Bible de Blaeu qui est une Bible de Genève imprimée à Amsterdam en 1687. Elle contient d'abondantes notes explicatives, des lexiques, des tables de renvois, un recueil de psaumes, le catéchisme de Genève, ainsi que les confessions de foi des Églises réformées francophones. Le recueil de Psaumes se trouve à la fin du volume.

La Bible de Blaeu de 1687 numérisée par Google :





Version de 1679 (Conrart-La Bastide)

Édition de 1679 à Genève numérisée par Google :




Version de 1701 (Conrart, Londres ou Berlin)

Édition de 1701 à Londres numérisée par Google :




Version de 1729 (Conrart, synode wallon)

Le Psautier de Genève, révisé par Valentin Conrart et Marc-Antoine de La Bastide, a été accueilli favorablement en 1721 par le synode wallon des Églises réformées en langue française aux Pays-Bas. Il fut autorisé à être chanté dans les temples à partir de 1729.
« Extrait des articles du Synode Wallon des Provinces-Unies, assemblé à Dordrecht au mois d’août 1721.
Article 17. L’affaire des Psaumes, comme une des plus importantes, ayant été mise en délibération dès les premières séances du Synode, on a lu les Instructions de toutes les Églises, lesquelles demandent qu’on la termine au plutôt ; et l’on a ouï le rapport que MM. les Commissaires Réviseurs, nommés par les Synodes précédents, ont fait par la bouche de notre T.C.F. M. Jacques Chion, Pasteur de l’Église de La Haye.
Il a paru, qu’en se conformant aux résolutions de nos Synodes sur cette manière, ils avaient 1) examiné avec soin le Psautier du Conrart, et avaient profité des heureuses corrections qu’ils avaient trouvées dans les diverses éditions qui en avaient été faites 2) qu’ils l’avaient rendu plus utile, par des changements qu’ils ont cru nécessaires, et qu’ils ont exposés en détail à la vénérable Assemblée.
La Compagnie ayant examiné avec attention ce rapport, elle l’a approuvé dans toutes ses parties ; et après avoir loué et remercié MM. les Commissaires de leur peine et de leur exactitude, elle les charge de faire imprimer ce Psautier, afin que nos Églises aient la liberté de s’en servir, lorsqu’elles auront l’approbation du Souverain.
 »
Préface de l'édition de 1731.

Edition de 1730 à Amsterdam numérisée par Google :



A la première page, nous lisons "Les Psaumes de David, mis en vers français, revus et approuvés par le synode wallon des Provinces-Unies. Nouvelle édition."

Aux 18ème siècle, de nombreuses bibles françaises imprimées aux Pays-Bas contenaient le psautier à la fin du volume (édition de 1742 dans la Bible Martin).

Le Psautier de Genève de 1729 était aussi imprimé à Guernesey au début du 19e siècle sans doute pour les Églises francophones des îles de Jersey et de Guernesey (éditions de 1815 et 1833). En effet, le Psautier de Genève de 1729 était la version officielle de l’Église Unie d'Angleterre et d'Irlande pour le culte en langue française (éditions de 1814 et 1855).

Edition de 1855 :




Version de 1998 (Gonin)