Psaume 116. J’aime mon Dieu car dès que j’ai crié (1998)

Le psalmiste énumère les périls extrêmes dans lesquels il s’est trouvé. Il reconnaît la bonté du Seigneur qui l’a délivré. Après s’être exhorté à se réjouir, il exprime le désarroi dans lequel il était tombé. Il ajoute que de son côté il ne peut que témoigner des bienfaits qu’il a reçus de Dieu ; il veut le faire en rendant un sacrifice solennel d’actions de grâces.

Théodore de Bèze (1998) - Genève, 1562


1. J’aime mon Dieu car dès que j’ai crié
Mon âme a su qu’elle é-tait é-tendue ;
Puisque vers moi son oreille est tendue,
Je veux aussi tous les jours le prier.

2. Dans ses filets la mort mʼavait surpris,
Jʼétais saisi de mortelles angoisses,
Quand, accablé de douleurs, de tristesses,
Jʼinvoquai son saint nom et je lui dis :

3. Ah, sauve-moi, qui suis des plus chétifs !
Et jʼai trouvé le Seigneur secourable,
Notre Dieu, dis-je, est doux et charitable
Et volontiers garde les plus petits.

4. Quand je nʼavais plus force ni soutien,
Il mʼa sauvé, mon Dieu que je réclame ;
Retourne donc à ton repos, mon âme,
Puisque de Dieu tu reçois tant de biens.

5. Tu préservas mon âme de la mort,
Mes yeux des pleurs, mes pieds de toute chute,
Et devant Toi, dans lʼépreuve ou la lutte,
Je veux marcher ici-bas, ô Dieu fort !

6. Jʼai cru, Seigneur, cʼest pourquoi jʼai parlé :
Oh, ma pauvre âme était si tourmentée
Que dans ma peur (bien trop précipitée)
« Tout homme est faux ! » je mʼétais écrié.

7. Mais que rendrai-je à Dieu pour ses bienfaits ?
Jʼélèverai ma coupe en rendant grâces,
Pour témoigner quʼil mʼa sauvé par grâce
Et que les dons du Seigneur sont parfaits.

8. Dès maintenant jʼirai remplir mes voeux
A son égard, au milieu de mes frères.
Dieu voit la mort dʼun croyant débonnaire ;
Elle a toujours un grand prix à ses yeux.

9. Ecoute-moi, Seigneur, puisque je suis
Ton serviteur, le fils de ta servante ;
Tu as brisé ma chaîne si pesante,
Je veux au moins tʼoffrir ce que je puis.

10. Je te louerai, Seigneur, de tout mon coeur
En proclamant ton nom plein dʼexcellence ;
Je te rendrai mes voeux en la présence
De tout ton peuple, étant ton serviteur.

11. Dans ta maison je chante ton honneur
Dans ta cité, Jérusalem la sainte.
Que chacun donc, avec joie, avec crainte,
Vienne avec moi célébrer le Seigneur.


Les Psaumes de David. Clément Marot. Adaptation en français actuel par Marc-François Gonin. ISBN 2-911069-29-3. Editions VIDA. 1998. Reproduit avec permission.