Psaume 3. Seigneur que d'ennemis (1998)

David, assailli par une puissante armée, s’émeut, puis il prend une si grande assurance en Dieu qu’après l’avoir imploré, il est certain de la victoire.

Clément Marot (1998) - Strasbourg, 1539 / Genève, 1551

1. Seigneur que d’ennemis
Contre moi se sont mis
Et d’un seul coup se dressent !
Que de gens qui semblaient
Avec moi vivre en paix
De tout côté me blessent !
Beaucoup parlent de moi
En attaquant ma foi
Pour augmenter ma peine,
Disant : « Il est exclu
Par Dieu de tout salut,
Et sa prière est vaine ».

2. Mais jʼai ton amitié,
Seigneur, pour bouclier ;
Cʼest la fierté secrète
Qui me tiendra debout
Pour lutter jusquʼau bout,
En relevant la tête.
Toujours quand jʼai crié,
Toujours quand jʼai prié,
Dieu touché de ma plainte,
Loin de me repousser,
daigné mʼexaucer
De sa montagne sainte.

3. Je me couche sans peur,
Je mʼendors sans frayeur,
Sans crainte je mʼéveille.
Dieu qui soutient ma foi
Est toujours près de moi,
Et jamais ne sommeille.
Je ne tremblerais pas
Quand de nombreux soldats
Viendraient me surprendre,
Car on peut assiéger,
Mais non désespérer
Ceux que Dieu va défendre.

4. Viens donc, déclare-toi
Pour moi, mon Dieu, mon Roi ;
Ta main frappe à la joue
Nos ennemis mordants
Et brisera leurs dents,
Chacun de nous te loue.
Ton secours, Dieu Très-Haut,
Nous vient quand il le faut ;
Telle est notre assurance :
Sur ton peuple éperdu,
Le salut répandu
Par ton amour immense.


Les Psaumes de David. Clément Marot. Adaptation en français actuel par Marc-François Gonin. ISBN 2-911069-29-3. Editions VIDA. 1998. Reproduit avec permission.