Trouver un psaume :

15/10/2016

PSAUME 39 : Je l’avais dit, que tant que je vivrais

1. Je l’avais dit, que tant que je vivrais, Ma langue je réprimerais; Que le méchant me verrait endurer, Sans m’ouïr jamais murmurer, Quand je devrais, pour un pareil dessein, Mettre à ma bouche un rude frein.

2. Chacun a vu le silence obstiné,
Auquel je m’étais condamné;
J’ai tu le bien contre ma volonté,
Bien que mon cœur fût agité.
Mais, dévoré par un cuisant souci,
Il a fallu parler ainsi.

3. Dieu tout-puissant, qui règles mon destin,
Fais-moi donc connaître ma fin;
Au demi-pied tu mesures le cours
Qu’il te plaît donner à mes jours;
Et tous mes ans, arrangés bout à bout,
Près des tiens ne sont rien du tout.

4. L’homme, en effet, n’est que fragilité,
Qu’apparence, et que vanité;
Toute sa vie est un songe passant;
On le voit toujours tracassant,
Cherchant toujours des trésors, sans savoir
L’héritier qui doit les avoir.

5. Hélas! Seigneur, en qui puis-je espérer?
En toi qui peux me rassurer.
Délivre-moi des maux que j’ai commis;
Empêche que mes ennemis,
Ces insensés qui méprisent ta loi,
Ne triomphent enfin de moi.

6. Je me suis tu dans mes plus grands malheurs;
Je fus muet dans mes douleurs;
Baisant ta main, qui frappait tous les coups;
Mais, ô Dieu, calme ton courroux;
Guéris ma plaie; et console mon cœur,
Qui succombe sous ta rigueur

7. Quand le pécheur te force à le punir,
On voit son éclat se ternir;
On voit périr ses ornements divers,
Comme un habit rongé de vers;
Son sort enfin montre, tout bien compté,
Que l’homme n’est que vanité.

8. Écoute, ô Dieu, ma plainte et mes clameurs;
Ne te rends pas sourd à mes pleurs.
Je suis, hélas, ce qu’étaient mes aïeux,
Étranger, voyageur comme eux.
Retiens ton bras ; je suis prêt de mourir;
Daigne, Seigneur, me secourir.

(Psautier de Genève 1729)