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27/04/2017

PSAUME 80 : Ô pasteur d’Israël, écoute

1. Ô pasteur d’Israël, écoute; Toi qui, dans une sûre route, Conduis Joseph comme un troupeau, Viens avec un éclat nouveau; Toi qu’on voit, plein de majesté, Entre les chérubins porté!

2. Grand Dieu, marche avec ta puissance;
Guide Éphraïm par ta présence;
Qu’à Manassé, qu’à Benjamin,
Ta voix montre le droit chemin;
Qu’enfin, après tant de travaux,
Nous puissions voir cesser nos maux!

3. Ô Dieu, notre espoir, notre asile,
Rends-nous un état plus tranquille;
Donne-nous encore de tes yeux
Un regard doux et gracieux;
Fais luire sur nous ta clarté,
Et nous serons en sûreté.

4. Jusques à quand, Dieu des armées,
Seront tes fureurs allumées
Contre les prières des tiens?
Tu nous as privés de tes biens;
Tu nous as abreuvés de pleurs;
Et nourris d’un pain de douleurs.

5. Tu nous mets en butte aux reproches
De nos voisins et de nos proches;
Nos injustes persécuteurs
Nous insultent dans nos malheurs.
Mais, grand Dieu, rends-nous ta clarté,
Et nous serons en sûreté.

PAUSE

6. Ta vigne, en Égypte portée,
Fut par toi depuis transplantée
Dans ces fertiles régions
D’où tu chassas les nations;
Et de ses pampres beaux et verts
Les champs furent bientôt couverts.

7. On vit son ombre répandue
Cacher des hauts monts l’étendue,
Ses jets à la hauteur montés
Des cèdres au Liban plantés;
Même les rameaux qu’ils poussaient,
Du fleuve à la mer s’avançaient.

8. D’où vient que sa haie est brisée,
Qu’elle aux passants exposée,
Que des sangliers furieux
Ravagent ses ceps précieux,
Qu’enfin tant de fiers animaux
Ont dévoré tous ses rameaux?

9. Tu vois nos âmes alarmées;
Reviens à nous, Dieu des armées,
Reviens ta vigne visiter
Que ta main a daigné planter,
Ces provins par toi cultivés
Et que tes soins ont élevés.

10. Après que le fer l’a détruite,
La flamme en cendres l’a réduite,
Nous périssons par ton courroux;
Mais, ô grand Dieu, reviens à nous;
Que ton bras soutienne aujourd’hui
Tes enfants dont tu fus l’appui.

11. Ranime-nous, rends-nous ta grâce;
Nous marcheront devant ta face;
Et toujours soumis à ta loi
Nous ne rendrons nos vœux qu’à toi.
Fais luire sur nous ta clarté,
Et nous serons en sûreté.

(Psautier de Genève 1729)

22/04/2017

PSAUME 79 : Les nations sont dans ton héritage

1. Les nations sont dans ton héritage; Ton sacré temple a senti leur outrage; Jérusalem, ô Seigneur, est détruite, Et par leur rage en masures réduite. Ils ont donné les corps De tes serviteurs morts Aux oiseaux pour curée, La chair de tes enfants aux animaux des champs Pour être dévorée.

2. Autour des murs où l’on nous vint surprendre,
Nos tristes yeux ont vu leur sang répandre,
Comme de l’eau qu’on jette à l’aventure,
Sans que l’on pût leur donner sépulture.
Nos voisins emportés
Par mille indignités,
Sans cesse nous irritent;
Nous sommes le mépris
De ces lâches esprits
Qui près de nous habitent.

3. Dieu juste et bon, juques à quand sera-ce
Qu’à tes élus tu cacheras ta face?
De ton courroux qui contre nous s’allume,
Faut-il, hélas! que l’ardeur nous consume?
Frappe tes rudes coups
Sur d’autres que sur nous,
Qui craignons ta puissance;
Lance plutôt ces traits
Aux peuples qui jamais
N’ont eu ta connaissance.

4. Du bon Jacob la postérité sainte
Par ces méchants est presque toute éteinte;
Ils ont changé son palais admirable
En un désert affreux et lamentable.
Ne nous rends pas confus,
Et ne te souviens plus
De toutes nos offenses;
Dans cette extrémité,
Hâte, par ta bonté,
La fin de nos souffrances.

PAUSE

5. Ô Dieu Sauveur, pour l’amour de ta gloire,
Pour conserver de ton nom la mémoire,
Regarde-nous avec des yeux propices,
Et sauve-nous malgré nos injustices,
Les profanes Gentils
Nous demanderaient-ils
Où notre Dieu demeure?
Viens venger, à nos yeux,
Ce sang si précieux
Qu’on répand à toute heure.

6. Que des captifs la plainte à toi parvienne,
Et par ton bras leur délivrance obtienne;
Brise leurs fers, et sauve par ta grâce
Ceux qu’on opprime et que la mort menace.
De nos voisins aussi
Vois le cœur endurci;
Veuille sept fois leur rendre
Ce qu’ils osent, Seigneur,
Contre ton propre honneur
Fièrement entreprendre.

7. Et nous, ton peuple et ton troupeau fidèle,
Nous consacrant à ta gloire immortelle,
De ta bonté, Seigneur, dans tous les âges,
Nous publierons les merveilleux ouvrages.

(Psautier de Genève 1729)

19/04/2017

PSAUME 90 : Toujours, Seigneur, tu fus notre retraite

1. Toujours, Seigneur, tu fus notre retraite, Notre secours, notre sûre défense; Avant qu’on vît des hauts monts la naissance, Et même avant que la terre fût faite, Tu fus toujours vrai Dieu, comme tu l’es, Et comme aussi tu seras à jamais.

2. D’un mot tu peux nos faibles corps dissoudre,
Si tu nous dis : Créatures mortelles,
Cessez de vivre, et retournez en poudre.
Mille ans à toi, qui l’Éternel t’appelles,
Sont comme à nous le jour d’hier qui s’enfuit,
Ou seulement une veille en la nuit.

3. Dès que sur eux tu fais tomber l’orage,
Ils s’en vont tous comme un songe qui passe,
Qu’avec le jour un prompt réveil efface;
Ou comme aux champs on voit un vert herbage,
Frais le matin, dans sa plus belle fleur,
Perdre le soir sa grâce et sa couleur.

4. Ton jugement nous trouble et nous accable;
Rien n’est égal à la peine où nous sommes,
Quand tout d’un coup ta fureur redoutable
Met devant toi tous les péchés des hommes;
Car tu vois tout; tes yeux toujours ouverts
Sondent le fond des cœurs les plus couverts.

PAUSE

5. Par ton courroux notre course est bornée;
Et notre vie aussi vite s’envole
Que fait en l’air le son de la parole;
Des plus long jours la suite est terminée
À septante ans, à quatre-vingt pour ceux
De qui le corps est fort et vigoureux.

6. Même la fleur de cette vie est telle,
Qu’on n’y ressent que peine et que misère;
Elle s’enfuit, nous fuyons avec elle.
Hélas! qui sait jusqu’où va ta colère?
Qui craint assez ce qu’elle nous fait voir
De ta vengeance, et de ton grand pouvoir?

7. Donne-nous donc, Seigneur, de bien entendre
Combien est court le temps de notre vie,
Pour désormais n’avoir plus d’autre envie
Que de pouvoir tes saintes lois apprendre.
Reviens: hélas! combien languirons-nous?
Montre à ton peuple un visage plus doux.

8.Qu’au point du jour ta bonté nous bénisse,
Qu’à nos besoins sans cesse elle pourvoie;
Que notre course heureusement finisse,
Et que les pleurs fassent place à la joie.
Enfin, au lieu de nos maux rigoureux,
Rends-nous ta grâce, et des jours plus heureux.

9. Dieu tout-puissant, que ton œuvre éclatante
De siècle en siècle en nos enfants reluise;
Que ta faveur nous soit toujours présente,
Que ta lumière à jamais nous conduise;
Oui, de nous tous misérables humains,
Conduis, Seigneur, et le cœur et les mains.

(Psautier de Genève 1729)

Psaume 78 chanté sur la même musique.

15/04/2017

PSAUME 78 : Sois attentif, mon peuple, à ma parole

1. Sois attentif, mon peuple, à ma parole, Prête l’oreille à ma voix qui console; Et, méprisant les vanités dus monde, Viens méditer ma doctrine profonde; Car sur des tons et graves et hardis, Je veux chanter les oeuvres de jadis.

2. Nous les avons avec soin écoutées,
Quand nos aïeux nous les ont racontées;
À nos enfants nous les ferons connaître,
Et même à ceux qui sont encore à naître;
Nous leur dirons du Monarque des cieux
La force immense et les faits glorieux.

3. Avec Jacob Dieu fit son alliance,
Et d’Israël sa loi fut la science;
Il commanda qu’elle fût enseignée
De père en fils, de lignée en lignée,
Et qu’on transmît à la postérité
Ce monument de sa rare bonté.

4. Dieu veut qu’en lui soit toute leur attente,
Qu’à leur esprit sa gloire soit présente,
Qu’à son service ils demeurent fidèles,
Loin d’imiter leurs ancêtres rebelles,
Quand, obstinés dans leurs égarements,
Ils furent sourds à ses commandements.

PAUSE 1

5. Tels d’Éphraïm les enfants se montrèrent.
Bien qu’exercés à l’arc dont ils s’armèrent,
Dans les combats on les vit tous en fuite,
Perdre courage, et manquer de conduite.
À l’Éternel ils faussèrent leur foi,
Abandonnant les sentiers de sa loi.

6. Du Souverain les divines merveilles,
Qu’il fit pour eux grandes et sans pareilles,
En un moment se virent oubliées;
Ses vertus, dis-je, en Tsoan déployées,
Et que l’Égypte éprouva sous les yeux
De leurs ingrats et perfides aïeux.

7. Son bras fendit les eaux les plus profondes;
Il fit passer son peuple entre les ondes,
En retenant la mer amoncelée.
De jour la troupe est conduite et voilée
Par le nuage, et la flamme à son tour
Fait dans la nuit pour eux un nouveau jour.

8. Des durs rochers, frappés par sa puissance,
Il fit sortir des eaux en abondance;
On vit soudain de leurs arides veines,
Par mille endroits, couler mille fontaines,
Et se former des lacs et des ruisseaux,
Pour rafraîchir le peuple, et ses troupeaux.

PAUSE 2

9. Mais, endurcis dans leur vieille habitude,
Ils n’ont montré que de l’ingratitude;
Péchant toujours contre le Dieu suprême,
Ils ont douté de sa puissance même,
Et désiré, comme en dépit des cieux,
Des mets exquis aux plus stériles lieux.

10. Dieu, dirent-ils, dans ces terres désertes
Nous ferait-il voir nos tables couvertes?
Du roc frappé mille sources s’ouvrirent,
Qui de leurs eaux notre soif éteignirent;
Ne pourrait-il apaiser notre faim,
Nous envoyer de la chair et du pain?

11. Dieu les ouït; sa colère enflammée
Contre Jacob fut enfin allumée,
Et d’Israël l’injuste défiance,
De l’Éternel réveilla la vengeance,
Quand, méprisant sa force et son appui,
Ils n’eurent plus leur confiance en lui.

12. Car, même avant ces plaintes avenues,
Il avait fait commandement aux nues,
Comme s’il eût du ciel ouvert la porte,
Que de la manne il plût en telle sorte
Que ces mutins pour apaiser leur faim,
Vissent tomber du ciel même du pain.

PAUSE 3

13. L’homme mortel, ô merveilles étranges!
Était nourri du pain même des anges
Qu’à pleines mains on recueillait sans peine.
Ce n’est pas tout, d’une force soudaine
Dieu fit lever en l’air un double vent,
L’un au midi, l’autre vers le levant.

14. Un tourbillon de vent et de poussière
Est moins obscur que n’est la fourmilière
D’oiseaux volants tombés dans cet orange;
La mer a moins de sable en son rivage
Qu’il n’est d’oiseaux par tout le camp semés,
Pour contenter ces ventres affamés.

15. De tous aussi l’avidité si grande
Avec excès se gorgea de viande;
Dieu remplissant leur vaste convoitise,
Leur faim cessa, non pas leur gourmandise;
Car on voyait les corps froids et mourants
Avoir encor la chair entre les dents.

16. Du Tout-puissant la main juste et sévère
Sur les plus grands fit tomber sa colère;
Il retrancha de son saint héritage
Les plus vaillants dans la fleur de leur âge;
Et toutefois ce peuple criminel
N’entendit pas la voix de l’Éternel.

PAUSE 4

17. Aussi, depuis ils virent leurs années
Par son courroux à peu de jours bornées;
Chacun enfin sentant sa mort présente,
Craint, mais trop tard, de Dieu la main pesante;
Dès le matin on les voit disposés
À réclamer du Seigneur les bontés.

18. Chacun alors dit et redit sans cesse
Qu’en tous les temps Dieu fut leur forteresse,
Que du Très-Haut la force souveraine
Fut leur refuge et les tira de peine;
Mais ce langage, et soumis et flatteur,
Est en leur bouche et ne part point du cœur.

19. Jamais leur âme inconstante et légère
Ne fut soumise aux lois de Dieu leur Père;
Et cependant sa pitié secourable
Couvrit souvent leur crime détestable;
Dieu modéra le feu de son courroux,
Et se retint, tant il est tendre et doux.

20. Il se souvint que la nature humaine
N’est après tout qu’une figure vaine,
Qui fuit soudain comme le vent qui passe.
Combien de fois, abusant de sa grâce,
Ce peuple fier l’a-t-il mécontenté!
Combien de fois dans le désert tenté!

PAUSE 5

22. L’Égypte vit ses miracles terribles;
Tsoan trembla des prodiges horribles
Que fit sa droite en cent et cent manières;
L’eau devint sang aux sources, aux rivières;
Et loin d’en boire après ce changement,
On frémissait à la voir seulement.

23. On vit dans l’air, par millions volantes,
Des légions de mouches dévorantes;
Par son pouvoir des grenouilles formées
À les punir se montraient animées.
Il donne aux vers les fruits de ces méchants,
Et leurs moissons aux insectes des champs.

24. Leurs pampres verts sentirent ses tempêtes;
De leurs figuiers il abattit les têtes;
Et leurs troupeaux, confondus pêle-mêle,
Furent frappés des feux et de la grêle;
Tout éprouva son courroux rigoureux,
Et sa fureur fondit toute sur eux.

25. Les messagers de sa juste vengeance
Les poursuivaient partout à toute outrance.
Pour leur supplice, une mortelle peste
Fit en tous lieux un ravage funeste;
Et tout d’un coup, leurs yeux virent périr
Tout le bétail qui devait les nourrir.

PAUSE 6

26. Leurs premiers-nés, par un choix mémorable,
Furent frappés de l’ange redoutable.
Aux pavillons de Cam, race traîtresse,
Dieu retrancha les chefs de la jeunesse;
Puis il mena son peuple, à grands troupeaux,
Dans le désert par des sentiers nouveaux.

27. D’un roi barbare on vit l’armée éteinte
Dans cette mer où nos aïeux, sans crainte,
Tous à pied sec avaient trouvé passage.
Dieu les mena, soutenant leur courage,
Vers le saint mont qu’après divers combats
Il s’est acquis lui-même par son bras.

28. De Canaan les nations il chasse;
Il établit Israël en leur place,
Lui partageant leur maisons désolées:
Mais oubliant ces grâces signalées,
Ce peuple indigne offensa l’Eternel,
Et méprisa son traité solennel.

29. Leurs coeurs ingrats, et leurs âmes légères
L’ont irrité, comme avaient fait leurs pères;
À l’arc qui trompe ils ont été semblables,
Servant l’idole, en leurs haut lieux damnables.
Ils firent tant, que le grand Dieu jaloux
Laisse sur eux déborder son courroux.

PAUSE 7

30. Dieu fut enfin si las de leurs caprices,
Si mécontent de leurs noires malices,
Qu’il retira d’Israël sa clémence,
Et que Silo, le lieu de sa présence,
Où si longtemps il avait habité,
Dans son courroux fut pour toujours quitté.

31. Son bras livra son arche prisonnière
À la merci d’une main meurtrière;
Et délaissant les siens dans les alarmes,
Les fit périr par la force des armes;
Tant son dépit fut alors enflammé
Contre Israël, jadis son peuple aimé.

32. Des feux ardents les jeunes dévorèrent;
Dans le mépris les vierges demeurèrent,
Sans posséder l’honneur du mariage;
Des prêtres saints on fit un grand carnage;
Les veuves même à peine, en ces malheurs,
Eurent le temps de répandre des pleurs.

33. Enfin pourtant, comme l’on voit qu’un homme
Plein de vapeurs et vaincu par le somme
Tout en sursaut s’écrie et se réveille,
Dieu se leva pour rendre la pareille
Aux ennemis du peuple d’Israël,
Et les couvrit d’un opprobre éternel.

PAUSE 8

34. Mais il priva Joseph de sa présence;
Pour Éphraïm il n’eut plus d’indulgence,
Et Juda seul fut sa tribu chérie.
C’est en Sion qu’il règne, et qu’on le prie,
C’est sur ce mont, agréable à ses yeux,
Qu’il éleva son palais glorieux.

35. Cette montagne, à son nom consacrée,
Est par sa main pour toujours assurée,
Autant et plus que le globe du monde;
Et Dieu, qui voit les coeurs et qui les sonde,
Choisit David qu’à peine on connaissait,
Le retirant des troupeaux qu’il paissait.

36. Il le chercha jusqu’en ce lieu champêtre,
Et lui donna son peuple pour le paître;
Il lui commit Israël son partage,
Son peuple acquis et son saint héritage;
Ainsi David avec soin l’a mené,
Et sous sa main justement gouverné.

(Psautier de Genève 1729)

Psaume 90 chanté sur la même musique.

08/04/2017

PSAUME 86 : Mon Dieu, prête-moi l’oreille

1. Mon Dieu, prête-moi l’oreille, Dans ma douleur sans pareille; Vois la misère où je suis, Viens soulager mes ennuis. Mon Dieu, veille pour ma vie; Car te plaire est mon envie; Sauve, ô Dieu ton serviteur, Qui s’assure en ta faveur.

2. Délivre-moi par ta grâce,
Du péril qui me menace,
Quant, plein de zèle et d’amour,
Je t’invoque nuit et jour.
Console et soutiens mon âme,
Qui sans cesse te réclame,
Et qui vers toi, Dieu des dieux,
S’élève jusques aux cieux.

3. Seigneur, ta bonté suprême,
À qui te craint, à qui t’aime,
Fait ressentir tous les jours,
Les effets de ton secours.
Puisqu’à toi seul je m’arrête,
Seigneur, entends ma requête;
Et puisque j’espère en toi,
Daigne prendre soin de moi.

4. À toute heure, en ma souffrance,
J’implore ton assistance;
Car ta pitié chaque fois,
Répond à ma triste voix.
Est-il quelque dieu semblable
À toi, seul Dieu redoutable?
Qui peut former tes projets?
Qui peut imiter tes faits?

5. Sage autour de la nature,
Le monde ta créature,
Un jour viendra tout entier
À tes pieds s’humilier.
De toutes parts tes merveilles
Sont grandes et sans pareilles;
Et tu règnes en tout lieu,
Comme le seul et vrai Dieu.

6. Seigneur, montre-moi ta voie;
Fais que j’y marche avec joie;
Fais que, selon mon devoir,
Je révère ton pouvoir.
Mon Dieu, je bénis sans cesse
Ta puissance et ta sagesse;
Et je te célèbrerai
Tout le temps je vivrai.

7. Car, bien que j’en fusse indigne,
J’éprouverai ta grâce insigne,
Quand, des portes de la mort,
J’échappai par ton support.
Tu vois la haine et l’envie
Sans cesse attaquer ma vie;
Tous conspirent contre moi,
Sans aucun égard pour toi.

8. Mais ta bonté favorable
Te rend toujours secourable,
Toujours lent à t’irriter,
Toujours prompt à m’assister.
Viens donc, viens, et me regarde;
Que ta force soit ma garde;
Puisqu’étant né sous ta loi,
Je suis doublement à toi.

9. Donne-moi, par ta clémence,
Un signe de ta présence;
Mes ennemis auront peur,
Te voyant mon protecteur.

(Psautier de Genève 1729)

Psaume 77 chanté sur la même musique.

PSAUME 77 : L’âme de douleur atteinte

1. L’âme de douleur atteinte, Je fis au Seigneur ma plainte Mes vœux vers le ciel poussés De lui furent exaucés. Dans les jours de ma détresse, C’est à Dieu que je m’adresse; La nuit même, en mon ennui, Je lève mes mains vers lui.

2. Mon âme dans sa souffrance,
Refusait toute assistance;
Mon Dieu même m’étonnait,
Sitôt qu’il m’en souvenait.
Plus je pensais en moi-même
À sa justice suprême,
Plus mon esprit agité
Était en perplexité.

3. Seul, sans fermer les paupières,
Je passais les nuits entières;
Et j’étais comme aux abois,
Sans usage de la voix.
Sion, ta première gloire,
Me revint en la mémoire;
Et tous les siècles passés
Furent par moi retracés.

4. De mes chants, avec tristesse,
Je me souvenais sans cesse;
Et mon cœur rempli d’ennuis,
Soupirait toutes les nuits.
Ma trop faible intelligence
Cherchait avec diligence
La cause de mon soucis
Et je me plaignais ainsi:

5. L’Éternel cache sa face;
Voudrait-il m’ôter sa grâce?
Dois-je croire désormais
Qu’il ne m’aimera jamais?
Sa clémence si prisée
Est-elle toute épuisée?
La promesse de mon Dieu
N’aura-t-elle plus de lieu?

PAUSE

6. Peut-il oublier lui-même
Sa miséricorde extrême?
Faut-il que sur sa bonté
Son courroux l’ait emporté?
C’est, ai-je dit, à cette heure
Que mon Dieu veut que je meure;
Le Très-Haut a retiré
La main qui m’a délivré.

7. Sa gloire, si fort connue,
S’offrait ensuite à ma vue,
Avec tous les grands exploits
Que son bras fit autrefois.
Toutes ses œuvres sacrées
Par moi furent admirées,
Et dans mon ravissement,
Je m’écriai hautement.

8. Grand Dieu, ce que tu sais faire
Se voit dans ton sanctuaire;
Et quelle divinité
S’égale à ta majesté?
Seigneur, toutes tes merveilles
Sont grandes et sans pareilles;
Aux yeux de tous tu fais voir
Jusqu’où s’étend ton pouvoir.

9. À ta droite, à ta puissance,
Jacob doit sa délivrance,
Et de Joseph les enfants
Par toi furent triomphants.
Les eaux, les eaux, avec crainte,
Ont vu ta majesté sainte;
Le gouffre le plus profond
En a tremblé jusqu’au fond.

10. On vit éclater les nues,
Comme en torrents répandues;
Et du bruit qu’on entendit,
Le ciel même se fendit.
Tes traits en tous lieux volèrent,
Tes gros tonnerres roulèrent;
Et l’on crut voir l’univers
Enflammé par mille éclairs.

11. La terre fut ébranlée;
Et ta force signalée,
Au travers des grandes eaux,
Ouvrit des chemins nouveaux.
Enfin, Aaron et Moïse,
Jusqu’à la terre promise,
Comme un troupeau, jour et nuit,
Ton Israël ont conduit.

(Psautier de Genève 1729)

Psaume 86 chanté sur la même musique.

07/04/2017

PSAUME 75 : Seigneur, on te bénira

1. Seigneur, on te bénira; On te bénira Seigneur; Ta salutaire faveur De nous se rapprochera; Et nous dirons en tous lieux Tes faits grands et glorieux.


2. Quand l’heureux temps paraîtra
Qui doit remplir mes souhaits,
Sur la justice et la paix
Mon trône s’affermira;
Et l’on verra refleurir
L’état tout près de périr.

3. Quittez cette vanité,
Dirai-je à ces étourdis;
Et vous, pécheurs trop hardis,
Rabaissez votre fierté;
Ayez moins d’emportement,
Vivez plus modestement.

4. Ce n’est d’aucun des climats
Que vient l’élévation;
Le soin, ni l’ambition,
Aux grandeurs n’élèvent pas;
Dieu seul le rang peut hausser,
Et seul il peut l’abaisser.

5. Dieu tient la coupe en ses mains
D’un vin troublé et préparé
Que sa justice, à son gré,
Tour à tour verse aux humains.
Tous les pervers en boiront,
Et la lie en suceront.

6. Pour moi je loue en mes chants,
Du Dieu de Jacob les faits;
Je veux confondre à jamais
Le vain orgueil des méchants.
Les bons seuls, par mon secours,
S’élèveront tous les jours.

(Psautier de Genève 1729)

06/04/2017

PSAUME 116 : J’aime mon Dieu, qui, par un prompt secours

 1. J’aime mon Dieu, qui, par un prompt secours, Montre qu’il a ma clameur entendue; À mes soupirs son oreille est tendue; Je veux aussi l’invoquer tous les jours.

2. Je succombais sous le poids de mes maux,
Déjà la mort me tenait dans ses chaînes;
Mon cœur souffrait les plus cruelles peines,
Quand je lui fis ma prière en ces mots;

3. Délivre-moi du péril où je suis;
Et dès lors même, il me fut favorable;
L’Éternel, dis-je, est juste et secourable,
Et toujours prompt à calmer nos ennuis.

4. Quand j’étais prêt de périr de langueur,
Il me sauva, ce Dieu que je réclame;
Retourne donc en ton repos, mon âme,
Puisqu’il te fait éprouver sa faveur.

5. Ta main puissante a détourné ma mort,
Séché mes pleurs, soutenu ma faiblesse;
Sous tes yeux donc, je veux, ô Dieu, sans cesse,
Suivre la voie où je t’eus pour support.

PAUSE

6. J’ai cru, Seigneur, c’est pourquoi j’ai parlé;
La vie, hélas ! n’est qu’une ombre, qu’un songe
Tout homme est faux, il n’est rien que mensonge,
Disait mon cœur, de ses maux accablé.

7. Mais que rendrai-je à Dieu pour ses bienfaits?
Ma main prendra la coupe de louanges;
Ma voix fera, jusqu’aux climats étranges
De sa bonté retentir les effets.

8. Dès ce moment je lui rendrai mes vœux,
Devant son peuple et dans son sanctuaire;
Car de tous ceux qui cherchent à lui plaire,
Les jours lui sont et chers et précieux.

9. Enfin, grand Dieu, tu sais ce que je suis,
Ton serviteur, le fils de ta servante;
Bisant mes fers, tu passes mon attente,
Je veux, au moins, t’offrir ce que je puis.

10. Brûlant de zèle, et soumis, à tes lois,
Je veux chanter ta gloire et ta puissance;
Et devant tous, plein de reconnaissance,
Te célébrer du cœur et de la voix.

11. Dans ta maison je dirai ton honneur,
Dans ta cité, Jérusalem la sainte;
Que chacun donc, avec zèle, avec crainte,
M’aide en ce jour à louer le Seigneur.

(Psautier de Genève 1729)

Psaume 74 chanté sur la même musique.

05/04/2017

PSAUME 74 : Faut-il, ô Dieu, que nous soyons épars ?

1. Faut-il, ô Dieu, que nous soyons épars? Et que sans fin ta colère enflammée Jette sur nous son épaisse fumée, Sur nous jadis le troupeau de tes parcs?

2. Ah! souviens-toi d’un peuple racheté
Qui de tout temps t’échut comme en partage,
Et du saint mont qui fut ton héritage,
Et qui se vit de toi-même habité.

3. Hâte tes pas, viens confondre à jamais
Des ennemis les troupes infidèles,
Dont la fureur et les mains criminelles
Ont tout détruit dans ton sacré palais.

4. Où tes hauts faits jadis furent chantés,
Ces malheureux, ces peuples exécrables,
Remplissent l’air de leurs cris effroyables;
C’est là qu’ils ont leurs étendards plantés.

5. Sous les efforts des soldats insolents,
On vit crouler tes saintes forteresses,
Comme l’on voit, dans les forêts épaisses,
Les hauts sapins sous la hache tremblants.

6. Ces beaux lambris taillés si richement,
Dont autrefois ta maison fut ornée,
En mille éclats volant sous la cognée,
Sont renversés du faîte au fondement.

7. Leur troupe impie, hélas! a profané
Ton tabernacle et ta demeure sainte,
L’a mis en cendre, et sans égard ni crainte,
Sous tes yeux même ils ont tout ruiné.

8. Qu’on les saccage, ont dit ces furieux;
Et trop cruels, dans cette injuste guerre,
Ils ont partout ravagé notre terre,
Et par le feu consumé tes saints lieux.

PAUSE 1

9. Nous n’avons plus aucun signe pour nous;
Déjà partout nous manquent les prophètes,
Les conducteurs, les sacrés interprètes.
Quand s’éteindra le feu de ton courroux?

10. Jusques à quand, Dieu si juste et si bon,
Jusques à quand faut-il qu’on nous outrage?
Souffriras-tu que leur aveugle rage
Méprise encor la vertu de ton nom?

11. D’où vient qu’ainsi tu te tiens loin de nous,
Et que ta main dans ton sein se retire?
Il faut pourtant qu’un jour elle s’en tire,
Que les méchants en ressentent les coups.

12. Dieu fut le Roi qui nous gardait toujours;
Son peuple saint, par sa juste puissance,
Vit autrefois plus d’une délivrance,
Partout, Seigneur, éprouva ton secours.

13. Ton bras fendit la mer en un moment,
Tu fis périr dans les eaux les baleines;
De monstres morts les rives furent pleines,
Qui de ta force étaient le monument.

14. Ta main donna le grand monstre des eaux,
Dans le désert, aux bêtes pour pâture;
Tu fis du roc sortir l’eau vive et pure,
Qu’on vit couler en cent et cent ruisseaux.

15. Tu fis tarir des grands fleuves le cours;
Tu fis le jour, sur la nuit tu présides;
Tu donnas l’être au soleil, tu le guides,
Et par ton ordre il dispense les jours.

16. C’est toi, Seigneur, de qui la volonté
Borna jadis de ce monde l’espace;
L’été brûlant et l’hiver plein de glace
Sont les effets de ta sage bonté.

PAUSE 2

17. Souviens-toi donc comment tes ennemis,
Avec audace ont ta gloire abaissée.
Réprime enfin cette race insensée
Qui contre toi, Seigneur, s’est tout permis.

18. Reviens à nous, et n’abandonne pas
À ces vautours ta faible tourterelle.
Sois le soutien de ton peuple fidèle
Près de périr dans ces rudes combats.

19. Jette les yeux, ô Dieu, sur ton traité;
La terre entière est comme ensevelie
Dans la nuit sombre, et de méchants remplie,
Qui font partout régner l’iniquité.

20. Des affligés, en ce temps malheureux,
Sois la retraite et la ferme espérance;
Défends leurs jours, soutiens leur innocence,
Et dans ton temple ils te rendront leurs vœux.

21. Réveille-toi, défends tes droits, Seigneur;
Vois ces pervers, de qui la langue infâme
T’ose charger de reproche et de blâme,
Et qui sans cesse attaquent ton honneur.

22. Vois leur malice et leur cœur plein de fiel;
En nous bravant, ils te bravent toi-même;
Entends leurs cris qui vont jusqu’au blasphème,
Tels que des traits poussés contre le ciel.

(Psautier de Genève 1729)

Psaume 116 chanté sur la même musique.

25/03/2017

PSAUME 73 : Que le Dieu d’Israël est doux


2. Je regardais d’un œil jaloux
L’état tranquille de ces fous,
De ces méchants qui dans le monde
Jouissent d’une paix profonde.
Ils ne traînent point en langueur;
On les voit mourir sans tourment;
Et jusqu’à leur dernier moment,
Leur esprit garde sa vigueur.

3. Pendant qu’on souffre mille maux,
Ils n’ont ni chagrin ni travaux;
Et l’on ne voit pas qu’ils pâtissent,
Tandis que les autres gémissent.
Pour pâture et pour ornement,
Autour de leur cou gros et fier,
Ils ont l’orgueil comme un collier;
La malice est leur vêtement.

4. Tout rit à ces audacieux;
La graisse leur couvre les yeux,
Et quoique leur vanité tente,
Le succès passe leur attente.
Ils ont tout selon leur désir;
Ils ne font, ces esprits hautains,
Dans leurs projets méchanst et vains,
Que se vanter, que s’applaudir.

PAUSE 1

5. Leur bouche ose bien jusqu’au ciel,
Porter son venin et son fiel,
Et leur langue légère et vaine
Par tout le monde se promène.
Cependant le juste en souci
Est comme noyé dans ses pleurs;
Et dans l’excès de ses douleurs,
On l’entend qui se plaint ainsi;

6. Le Dieu fort sait-il dans les cieux
Ce qui se passe en ces bas lieux?
Se peut-il qu’il y prenne garde,
Ou seulement qu’il y regarde?
Les plus indignes des humains
Sont toujours heureux et contents;
Le ciel sur eux verse, en tout temps
Ses richesses à pleines mains.

7. C’est donc en vain que j’ai tâché
D’épurer mon cœur de péché;
Je lave en vain dans l’innocence
Et mes mains et ma conscience.
Sans cesse de nouveaux malheurs
Viennent m’accabler tour-à-tour;
Tous les matins, avec le jour,
Je vois renaître mes douleurs.

8. Mais quoi! ce discours emporté
Outrage la divinité,
Blesse ses vertus immortelles,
Et fait injure à ses fidèles.
Ainsi, rappelant ma raison,
J’ai tâché de me redresser;
Mais mon trouble n’a pu cesser,
Seigneur, qu’en ta sainte maison.

9. C’est là qu’abattu devant Dieu
Et méditant dans ce saint lieu,
Des méchants la dernière issue
S’offrit aussitôt à ma vue.
Je m’aperçus que le chemin
Que tiennent tous ces faux heureux
Est si glissant, si dangereux,
Qu’un précipice en est la fin.

PAUSE 2

10. Chacun alors est étonné
De voir leur sort infortuné,
Et cette chute grande et prompte
Qui couvre leur orgueil de honte.
Dieu parle, et l’on voit effacé
L’éclat trompeur de leur faux bien,
Tel qu’un songe qui n’est plus rien
Dès que le sommeil a cessé.

11. Hélas! je fus sourd à ta voix;
J’avais presqu’oublié tes lois;
Le chagrin troublait mes pensées,
Je n’en formais que d’insensées.
Mon Dieu, j’avais perdu l’esprit,
J’étais abruti devant toi;
Ma raison n’était plus à moi,
Quand ce désespoir me surprit.

12. Mais, Seigneur, je veux désormais
M’attacher à toi pour jamais;
Car quelque danger qui me presse,
Ta main me soutient et m’adresse.
Tes conseils en tout temps, Seigneur,
Heureusement me conduiront;
Tes soins enfin m’élèveront
Au comble de gloire et d’honneur.

13. De tout ce qu’au ciel j’aperçois,
Qui peut être mon Dieu que toi?
M’irai-je forger dans le monde
Quelque divinité seconde?
Le cœur me manquait tous les jours,
Et mon corps séchait de langueur;
Mais ta bonté, dans ce malheur,
Fut mon remède et mon secours.

14. Ceux qui de toi s’éloigneront,
Confus, tôt ou tard périront;
Ceux qu’on voit quitter ton service
Tombent tous dans le précipice.
Pour moi, m’approcher du Seigneur
Sera toujours mon plus grand bien;
De lui seul, qui fut mon soutien,
Je veux célébrer la grandeur.

(Psautier de Genève 1729)