Trouver un psaume :

25/03/2017

PSAUME 73 : Que le Dieu d’Israël est doux


2. Je regardais d’un œil jaloux
L’état tranquille de ces fous,
De ces méchants qui dans le monde
Jouissent d’une paix profonde.
Ils ne traînent point en langueur;
On les voit mourir sans tourment;
Et jusqu’à leur dernier moment,
Leur esprit garde sa vigueur.

3. Pendant qu’on souffre mille maux,
Ils n’ont ni chagrin ni travaux;
Et l’on ne voit pas qu’ils pâtissent,
Tandis que les autres gémissent.
Pour pâture et pour ornement,
Autour de leur cou gros et fier,
Ils ont l’orgueil comme un collier;
La malice est leur vêtement.

4. Tout rit à ces audacieux;
La graisse leur couvre les yeux,
Et quoique leur vanité tente,
Le succès passe leur attente.
Ils ont tout selon leur désir;
Ils ne font, ces esprits hautains,
Dans leurs projets méchanst et vains,
Que se vanter, que s’applaudir.

PAUSE 1

5. Leur bouche ose bien jusqu’au ciel,
Porter son venin et son fiel,
Et leur langue légère et vaine
Par tout le monde se promène.
Cependant le juste en souci
Est comme noyé dans ses pleurs;
Et dans l’excès de ses douleurs,
On l’entend qui se plaint ainsi;

6. Le Dieu fort sait-il dans les cieux
Ce qui se passe en ces bas lieux?
Se peut-il qu’il y prenne garde,
Ou seulement qu’il y regarde?
Les plus indignes des humains
Sont toujours heureux et contents;
Le ciel sur eux verse, en tout temps
Ses richesses à pleines mains.

7. C’est donc en vain que j’ai tâché
D’épurer mon cœur de péché;
Je lave en vain dans l’innocence
Et mes mains et ma conscience.
Sans cesse de nouveaux malheurs
Viennent m’accabler tour-à-tour;
Tous les matins, avec le jour,
Je vois renaître mes douleurs.

8. Mais quoi! ce discours emporté
Outrage la divinité,
Blesse ses vertus immortelles,
Et fait injure à ses fidèles.
Ainsi, rappelant ma raison,
J’ai tâché de me redresser;
Mais mon trouble n’a pu cesser,
Seigneur, qu’en ta sainte maison.

9. C’est là qu’abattu devant Dieu
Et méditant dans ce saint lieu,
Des méchants la dernière issue
S’offrit aussitôt à ma vue.
Je m’aperçus que le chemin
Que tiennent tous ces faux heureux
Est si glissant, si dangereux,
Qu’un précipice en est la fin.

PAUSE 2

10. Chacun alors est étonné
De voir leur sort infortuné,
Et cette chute grande et prompte
Qui couvre leur orgueil de honte.
Dieu parle, et l’on voit effacé
L’éclat trompeur de leur faux bien,
Tel qu’un songe qui n’est plus rien
Dès que le sommeil a cessé.

11. Hélas! je fus sourd à ta voix;
J’avais presqu’oublié tes lois;
Le chagrin troublait mes pensées,
Je n’en formais que d’insensées.
Mon Dieu, j’avais perdu l’esprit,
J’étais abruti devant toi;
Ma raison n’était plus à moi,
Quand ce désespoir me surprit.

12. Mais, Seigneur, je veux désormais
M’attacher à toi pour jamais;
Car quelque danger qui me presse,
Ta main me soutient et m’adresse.
Tes conseils en tout temps, Seigneur,
Heureusement me conduiront;
Tes soins enfin m’élèveront
Au comble de gloire et d’honneur.

13. De tout ce qu’au ciel j’aperçois,
Qui peut être mon Dieu que toi?
M’irai-je forger dans le monde
Quelque divinité seconde?
Le cœur me manquait tous les jours,
Et mon corps séchait de langueur;
Mais ta bonté, dans ce malheur,
Fut mon remède et mon secours.

14. Ceux qui de toi s’éloigneront,
Confus, tôt ou tard périront;
Ceux qu’on voit quitter ton service
Tombent tous dans le précipice.
Pour moi, m’approcher du Seigneur
Sera toujours mon plus grand bien;
De lui seul, qui fut mon soutien,
Je veux célébrer la grandeur.

(Psautier de Genève 1729)

PSAUME 118 : Rendez à Dieu l’honneur suprême


2. Que d’Aaron la famille entière
Publie, avec ravissement,
Que sa clémence singulière
Dure perpétuellement.
Que ceux qui vivent dans sa crainte
Viennent, avec empressement,
Déclarer que sa bonté sainte
Dure perpétuellement.

3. Aussitôt que dans ma détresse,
Je recourus à sa bonté,
Sa main, me tirant de la presse,
Me mit au large, en sûreté.
Le Tout-Puissant, qui m’entend plaindre,
M’exauce au pied de son autel;
Il est mon Dieu, qu’aurais-je à craindre
De l’effort de l’homme mortel?

PAUSE 1

4. Le Tout-Puissant, que je révère,
Me tiendra ce qu’il m’a promis;
Et mes yeux verront sa colère
Fondre sur mes fiers ennemis.
Il vaut mieux avoir espérance
En l’Éternel, qu’en l’homme vain;
Il vaut mieux avoir confiance
En Dieu, qu’en nul pouvoir humain.

5. On vit leurs troupes animées
M’environner de tous côtés;
Main au nom du Dieu des armées,
Mon bras les a tous écartés.
Ils s’étaient rassemblés encore,
Cherchant à me faire mourir,
Mais au nom du Dieu que j’adore,
C’est moi qui les ai fait périr.

6. Tels qu’un épais essaim d’abeilles,
Ils fondaient sur moi, ces hautains;
Ils sont, par le Dieu des merveilles,
Comme un feu d’épines éteints.
Cruel, qui me faisais la guerre,
Tu m’avais vivement pressé;
Tu croyais me porter par terre;
Mais le Seigneur m’a redressé.

7. Le Dieu des cieux est ma puissance,
C’est le sujet, c’est le discours
De mes chants de réjouissance;
C’est de lui que vient mon secours.
Aux tentes de son peuple juste,
On loue, on chante le Dieu fort;
Chacun dit que son bras robuste
A fait un merveilleux effort.

PAUSE 2

8. De l’Éternel la main puissante
S’est signalée à cette fois;
C’est-là ce que son peuple chante,
Tout d’un cœur, et tout d’une voix.
Me voilà donc, malgré l’envie,
Des mains de la mort racheté;
Le Dieu fort m’a rendu la vie,
Je célébrerai sa bonté.

9. Il m’a plongé dans la souffrance;
Il m’a châtié rudement;
Mais soutenu par sa clémence,
Je n’ai point vu le monument.
Qu’on m’ouvre les portes si belles
Du saint temple au Seigneur voué;
Et qu’en présence des fidèles,
Son nom y soit par moi loué.

10. Ce sont les portes magnifiques
De la maison de notre Dieu;
Les justes, par de saints cantiques,
Viendront l’adorer en ce lieu;
C’est-là que, d’une ardeur nouvelle,
Tout haut je veux le célébrer,
Puisque, dans ma douleur mortelle,
Sa main a su me délivrer.

PAUSE 3

11. La pierre qu’avaient méprisée
Les conducteurs du bâtiment,
À l’angle pour jamais posée,
En fait la force et l’ornement.
C’est sans doute, une œuvre céleste,
Une œuvre du grand Dieu des cieux;
C’est un miracle manifeste,
Qu’il fait éclater à nos yeux.

12. La voici, l’heureuse journée
Qui répond à notre désir;
Louons Dieu qui nous l’a donnée,
Faisons-en tout notre plaisir.
Grand Dieu, c’est à toi que je crie;
Garde ton oint, et soutiens-le;
Grand Dieu, c’est toi seul que je prie,
Sauve ton peuple et maintiens-le.

13. Béni soit qui, cette journée,
Au nom du Seigneur vient ici.
Ô vous de sa maison sacrée,
Nous vous bénissons tous aussi.
Sur nous Dieu jette un œil propice,
Tout son peuple en est éclairé;
Liez le bœuf du sacrifice
Aux cornes de l’autel sacré.

14. Mon Dieu, c’est toi seul que j’adore;
Sans fin je dirai tes hauts faits.
Mon Dieu, c’est toi seul que j’honore;
Je veux te louer à jamais.
Rendez à Dieu l’honneur suprême,
Car il est doux, il est clément;
Et sa bonté, toujours la même,
Dure perpétuellement.

(Psautier de Genève 1729)

Psaumes 66 et 98 sur la même musique.

PSAUME 98 : Peuples, chantez un saint cantique


2. Dieu de sa bonté secourable
A bien voulu se souvenir:
Selon sa promesse immuable,
Il veut son peuple maintenir.
Le salut que Dieu nous envoie
Jusqu’au bout du monde s’est vu;
Que donc d’allégresse et de joie
L’univers entier soit ému.

3. Que partout devant Dieu résonnent
Et les instruments et les voix;
Que partout les trompettes sonnent,
Et les clairons et les hautbois;
Qu’en sa présence glorieuse
Tout pousse des tons éclatants;
La mer bruyante et furieuse,
La terre avec ses habitants.

4. Que devant Dieu les fleuves mêmes
Battent des mains, de joie épris;
Et que, par des transports extrêmes,
Les monts fassent ouïr leurs cris.
Dieu vient pour gouverner le monde,
Selon le droit et l’équité,
Et partout, d’une main féconde,
Répandre la félicité.

(Psautier de Genève 1729)

Psaumes 66 et 118 sur la même musique.

PSAUME 72 : Donne tes lois, Dieu juste et sage


2. Que l’on puisse voir aux montagnes,
La paix croître et fleurir;
Puissent, et coteaux et campagnes
La justice nourrir;
Que des malheureux dans leur peine
Il soit le protecteur,
Et qu’il fasse sentir sa haine
À leur persécuteur.

3. Ainsi tous d’une ardeur commune,
Grand Roi, t’honoreront,
Tant que le soleil et la lune
Au monde éclaireront;
Telle vient la rosée aimable
Sur les sillons séchés;
L’eau du ciel est moins favorable
Aux prés qu’on a fauchés.

4. Les justes, sous sa main puissante,
Fleuriront en tous lieux,
Tant que la lune diligente
Fera le tour des cieux.
Partout, sur la terre et sur l’onde,
Ce Roi dominera;
Et de l’Euphrate aux bouts du monde
Son pouvoir s’étendra.

5. Ceux des déserts les plus sauvages,
Ses plus fiers ennemis,
Viendront lui rendre leurs hommages,
Et lui seront soumis.
Les rois de Tarsis et des îles,
À l’envi s’empressants,
L’Arabe, et ses plus riches villes
Lui feront des présents.

PAUSE

6. Sans fin, du couchant à l’aurore,
Les peuples et les rois,
Ceux de Tyr, l’Indien, le Maure,
Respecteront ses lois.
Je vois le juste en sa souffrance
N’avoir recours qu’à lui;
Son bras est la sûre défense
Des faibles sans appui.

7. Il entend les cris pitoyables
Du pauvre languissant;
Il rend la vie aux misérables,
Par son secours puissant.
Il réprime la violence
Des méchants furieux;
Des bons la vie et l’innocence
Sont chères à ses yeux.

8. Dans tous les temps, l’or d’Arabie
Ses trésors remplira;
Tous feront des vœux pour sa vie,
Chacun le bénira.
Aux monts peu de grains vont produire
Tant d’épis chacun an,
Qu’au vent on entendra moins bruire
Les cèdres du Liban.

9. On verra, par ses soins utiles,
Les bourgeois, les marchands,
Fleurir et croître dans les villes,
Comme fait l’herbe aux champs.
De ce Roi juste et plein de gloire,
Et d’un nom sans pareil,
On verra durer la mémoire
Autant que le soleil.

10. Enfin tous les peuples du monde
Sous lui selon leurs vœux,
Jouiront d’une paix profonde,
Et le diront heureux.
Béni soit donc, dans tous les âges,
Le Dieu fort, l’Eternel,
Seul admirable en ses ouvrages,
Et seul Dieu d’Israël.

11. Qu’on chante sa grandeur immense
Dans les climats divers,
Et que le bruit de sa clémence
Remplisse l’univers.

(Psautier de Genève 1729)

Psaume 65 avec la même musique.