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24/12/2016

PSAUME 55 : Écoute, ô grand Dieu, ma prière

1. Écoute, ô grand Dieu, ma prière, Ne me cache point ta lumière Dans cette affliction pressante; Entends mes cris, exauce-moi, Quand triste et confus devant toi, Je m’agite et je me tourmente.

2. Dans tout le cours de mes disgrâces,
J’entends les cruelles menaces
De mes ennemis pleins d’envie;
Leur fureur et leur lâcheté,
Qui m’ont toujours persécuté,
Soulèvent tout contre ma vie.

3. La mort, de ses frayeurs armée,
Assiège mon âme alarmée,
Je la vois prête à me détruire;
Et, dans l’excès de mon tourment,
Je sens la crainte à tout moment,
À cette plainte me réduire.

4. Hélas! dans mes transes mortelles,
Qui pourrait me donner des ailes
Comme à la timide colombe?
J’irais soudain, fendant les airs,
Chercher un asile aux déserts,
De peur qu’ici je ne succombe.

5. Là je garantirais ma tête
Des coups de l’horrible tempête
Que je vois sortir du nuage.
Disperse, ô Dieu, ces obstinés
Contre ton ordre mutinés,
Et confonds leur aveugle rage.

6. Leur ville est pleine de querelles;
Et parmi ces peuples rebelles,
Ce n’est qu’audace et que furie;
Ils foulent aux pieds l’équité,
Et joignent à la cruauté
L’artifice et la tromperie.

PAUSE

7. Si le méchant, dont l’âme noire
Ne cherche qu’à flétrir ma gloire,
N’eût dissimulé sa malice,
S’il n’eût, par un dehors trompeur,
Caché le venin de son cœur,
J’eusse souffert son injustice.

8. Mais tu me fais ce mal extrême,
Toi que j’aimais comme moi-même
Et que je prenais pour exemple,
Toi, confident de mon dessein,
Toi qui semblais m’ouvrir ton sein,
Et qui m’accompagnais au temple.

9. Qu’une mort terrible et soudaine
Dans le sépulcre les entraîne!
Chez eux règne la violence.
Ils me poursuivent en tout lieu;
Mais moi j’invoquerai mon Dieu,
Et mon Dieu prendra ma défense.

10. Trois fois le jour, dans mes alarmes,
Par mes clameurs et par mes larmes,
Je cherche du Seigneur la grâce;
Le matin, à midi, le soir,
J’implore son divin pouvoir
Contre le mal qui me menace.

11. Dieu, qui fut avant le temps même,
L’Eternel, ce Juge suprême,
Écoutera ma triste plainte;
Et par un juste jugement,
Fera périr soudainement
Ces cœurs fiers qui n’ont point sa crainte.

12. Sur son ami le plus fidèle,
Il porte sa main criminelle,
Comptant pour rien la foi donnée.
Les discours affectés qu’il fait,
Plus doux que le miel, que le lait,
Couvrent sa fureur obstinée.

13. Sa parole, quoique flatteuse,
Est pénétrante et dangereuse
Comme un trait qui vole et qui blesse;
Mais espérons au Tout-Puissant,
Sa main protège l’innocent,
Et le soutient dans sa faiblesse.

14. C’est toi, grand Dieu, dont la justice
Fait tomber dans le précipice
Ceux qui s’éloignent de ta face;
Les meurtriers, les malfaisants,
Meurent à la fleur de leurs ans;
Mais moi, je m’assure en ta grâce.

10/12/2016

PSAUME 54 : Dieu juste et bon, délivre-moi

1. Dieu juste et bon, délivre-moi Par ton nom saint, par ta puissance; Garde mon droit, prends ma défense, Dans le péril où je me vois, Seigneur, quand je t’invoquerai, Daigne te montrer secourable; Prête une oreille favorable Aux vœux que je t’adresserai.

2. Des étrangers audacieux,
Qu’animent la haine en l’envie,
Ont conspiré contre ma vie;
Ils n’ont point Dieu devant les yeux.
Son bras toutefois les prévient;
Je vois son secours qui s’avance;
Par sa favorable présence,
Il me défend, il me soutient.

3. Sur mon ennemi tombera
Le mal qu’à tort il me souhaite;
Alors, Seigneur, par sa défaite,
Ta promesse s’accomplira;
Alors, en pleine liberté,
D’un cœur humble et sans artifice,
J’irai t’offrir mon sacrifice,
Et rendre hommage à ta bonté.

4. Dieu m’a retiré du danger
Que m’avait préparé leur rage,
Et mes yeux ont eu l’avantage
De le voir prompt à me venger.

(Psautier de Genève 1729)

03/12/2016

PSAUME 69 : Accorde-moi, Seigneur, un prompt secours

1. Accorde-moi, Seigneur, un prompt secours; Viens délivrer celui qui te réclame; Couvert de flots, et près de rendre l’âme, Dans le limon je m’enfonce toujours. L’onde m’emporte; et déjà faible et las, Je perds haleine à force de me plaindre; À mon secours, Seigneur, tu ne viens pas, La voix me manque et mes yeux vont s’éteindre.

2. Plus d’ennemis me poursuivent à tort
Que de cheveux ne croissent sur ma tête;
Ceux dont la main à ma perte s’apprête,
Pour m’accabler ont un nouveau renfort;
Je souffre, hélas! sans l’avoir mérité.
Toi, qui vois tout, tu connais mon offense,
Tu sais, grand Dieu, si j’ai rien attenté
Qui dût ainsi m’attirer leur vengeance.

3. Dieu tout-puissant, regarde mon ennui;
Ne permets pas que mon malheur extrême
Trouble tes saints en m’accablant moi-même,
Qu’on soit confus en cherchant ton appui.
Dieu d’Israël, quand on t’a réclamé,
Ne permets pas qu’on souffre un tel outrage;
C’est pour toi seul que je suis diffamé;
Pour toi, la honte a couvert mon visage.

PAUSE 1

4. Ceux de mon sang m’ont traité d’étranger;
J’ai paru tel aux enfants de ma mère,
Lorsqu’on a vu dans toute ma misère,
De ta maison le zèle me ronger.
Quand les pervers ont parlé contre toi,
C’est sur mon front qu’en est tombé le blâme;
J’en ai pleuré, jeûné, mon Dieu, mon Roi,
Mais ma douleur n’a pu toucher leur âme.

5. Je m’affligeais en cent et cent façons,
Vêtu d’un sac, et la cendre au visage;
Les grands n’ont fait qu’en rire davantage,
Et les buveurs m’ont mis dans leurs chansons.
C’est donc à toi, mon Dieu, que j’ai recours;
J’attends ton heure, et le péril me presse;
Fais-moi sentir l’effet de ton secours,
Viens, Seigneur, viens dégager ta promesse.

6. Arrache-moi de ce bourbier profond,
Romps les efforts de ceux qui me haïssent,
Retire-moi de ces eaux qui grossissent,
Elles n’ont plus ni rivage, ni fond.
Empêche, ô Dieu, que l’onde où je me vois,
Ne me surmonte, et qu’au gouffre je n’entre;
On le verrait se refermer sur moi,
Et dans ces eaux m’engloutir jusqu’au centre.

7. Par la grandeur de tes compassions,
Daigne en ce jour écouter mes demandes;
Répands sur moi tes grâces les plus grandes,
Et soutiens-moi dans mes afflictions.
Ne cache plus la clarté de tes yeux
À l’innocent que tu vois en détresse;
Mais hâte-toi d’ouïr du haut des cieux
Les vœux ardents que sa douleur t’adresse.

PAUSE 2

8. Viens à mon aide en cette extrémité,
Soutiens mon âme et rachète ma vie,
Garantis-moi de la main ennemie,
Et remets-moi en pleine liberté.
Tu vois l’état où leur fureur m’a mis,
Mes maux divers, ma honte, ma souffrance;
Tu les connais ces cruels ennemis,
Ce qu’ils me font se passe en ta présence.

9. Ce grand opprobre a déchiré mon cœur;
En vain j’attends qu’un ami me console;
Un seul jamais d’une seule parole
N’a de ma peine adouci la rigueur.
De ces méchants qui veulent mon trépas,
Jusqu’à la fin j’ai la rage éprouvée,
Ils m’ont donné du fiel en mon repas,
Et de vinaigre ont ma soif abreuvée.

10. Fais qu’à leur tour, les festins qu’ils feront
Soient un poison qui leur vie extermine;
Fais-leur tourner en mortelle ruine
Et le repos et les plaisirs qu’ils ont;
Pour étouffer leurs discours insolents,
Plonge leurs yeux dans une nuit profonde;
Fais que leurs reins soient toujours chancelants,
Que ton courroux les perde et les confonde.

PAUSE 3

11. Répands sur eux ton indignation;
Qu’ils soient livrés à ta juste vengeance;
Qu’en leur palais où régnait l’abondance,
Ce ne soit plus que désolation.
Car d’insulter le fidèle aux abois,
Ces inhumains n’eurent jamais de honte;
Et si ta main le frappe quelquefois,
Loin de le plaindre ils en vont faire un conte.

12. Mets mal sur mal, pour punir leur péché,
Et que pour eux ta bonté soit tarie;
Ôte leur nom de ton livre de vie,
Qu’avec les bons il n’y soit point couché;
Moi je m’assure, en mes plus grands ennuis,
Que tu seras ma force et ma retraite;
Aussi ma bouche, et les jours et les nuits,
Célébrera ta louange parfaite.

13. Mes hymnes saints plairont à l’Eternel
Mille fois mieux que taureaux ni génisses;
Les bons aussi pour de tels sacrifices
Me répondront dans un chant solennel.
La joie alors dans nos cœurs renaîtra,
Car l’Éternel prend soin des misérables;
Du haut du ciel toujours il entendra
De ses captifs les plaintes lamentables.

14. Vous, terre et cieux, publiez ses bontés;
Mer et poissons, célébrez sa puissance;
Car de Sion sa main prend la défense,
Et de Juda rebâtit les cités;
Là se verront les élus du Seigneur,
Eux et leurs fils, prospérer d’âge en âge;
Tous ceux enfin qui cherchent son honneur
Posséderont la terre en héritage.

(Psautier de Genève 1729)

Psaume 51 avec la même musique.

19/11/2016

PSAUME 52 : Fier ennemi, qui te confies

1. Fier ennemi, qui te confies En ta prospérité, Faut-il que tu te glorifies De ta malignité? Mon Dieu m’aime, et de son secours Rien n’arrête le cours.

2. Ta langue, qui médit sans cesse,
Et qui sans cesse ment,
Est comme un fer trompeur, qui blesse,
S’il touche seulement;
Ton cœur aime la fausseté,
Il est sans équité.

3. Les entretiens qui peuvent nuire
Sont ceux où tu te plais;
Aussi le Seigneur va détruire
Ta maison pour jamais;
Du monde où tu t’es attaché,
Tu seras arraché.

4. Comme un arbre qu’on déracine,
Dieu te renversera;
Épouvanté de ta ruine,
Le juste tremblera,
Sans qu’il plaigne, en voyant ta mort,
La rigueur de ton sort.

5. Ce grand, dira-t-il, loin de prendre
L’Eternel pour soutien,
Faisait uniquement dépendre
Son bonheur de son bien;
Sa malignité, son orgueil,
Le mènent au cercueil.

6. Mais moi, grand Dieu, qui ne me fonde
Qu’en ta seule bonté,
On me verra, malgré le monde,
Dans ta maison planté,
Tel qu’un olivier verdissant,
Qu’on voit toujours croissant.

7. C’est-là, Seigneur, qu’en ta présence,
Je te célébrerai;
À l’ombre de ta providence
Je me reposerai;
Car les fidèles chaque jour,
Éprouvent ton amour.

(Psautier de Genève 1729)