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19/10/2017

PSAUME 42 : Comme un cerf altéré brame

1. Comme un cerf altéré brame  Après le courant des eaux;  Ainsi soupire mon âme,  Seigneur, après tes ruisseaux;  Elle a soif du Dieu vivant;  Et s’écrie, en le suivant,  Mon Dieu, mon Dieu, quand sera-ce  Que mes yeux verront ta face?

2. Pour pain je n’ai que mes larmes,
La nuit, le jour, en tout lieu,
Lorsqu’en mes dures alarmes,
On me dit, que fait ton Dieu?
Je regrette la saison,
Que j’allais dans ta maison,
Chantant avec les fidèles,
Tes louanges immortelles.

3. Mais quel chagrin te dévore?
Mon âme, rassure-toi;
Espère en Dieu, car encore
Il sera loué par moi;
Quand, d’un regard seulement,
Il guérira mon tourment.
Mon Dieu, je sens que mon âme
D’un ardent désir se pâme.

4. Je me souviens à toute heure
Du temps que, vers le Jourdain,
J’avais pour triste demeure
Hermon, où j’errais en vain.
Et Mishar, et tous ces lieux!
Où j’étais loin de tes yeux.
Partout mes maux me poursuivent,
Comme des flots qui me suivent.

5. Les torrents de ta colère
Sur moi cent fois ont passé,
Mais, par ta grâce, j’espère
Qu’enfin l’orage est cessé.
Tu me conduiras le jour;
Et moi la nuit, à mon tour,
Louant ta Majesté sainte,
Je t’adresserai ma plainte.

6. Dieu, ma force et ma puissance,
Dirai-je, as-tu donc permis
Qu’une si longue souffrance
M’expose à mes ennemis?
Leurs fiers, leurs malins propos
Me pénètrent jusqu’aux os,
Quand ils disent à toute heure,
Où fait ton Dieu sa demeure?

7. Mais pourquoi, mon âme, encore
T’abattre avec tant d’effroi?
Espère au Dieu que j’adore,
Il sera loué de moi,
Un regard dans sa fureur,
Me dit qu’il est mon Sauveur;
Et c’est aussi lui, mon âme,
Qu’en tous mes maux je réclame.

(Psautier de Genève 1729 )

16/10/2017

PSAUME 93 : Dieu règne seul, de splendeur revêtu

1. Dieu règne seul, de splendeur revêtu, Ceint et paré de force et de vertu; Sa main assit la terre fermement, Et rien n’en peut mouvoir le fondement.

2. Tu fus, ô Dieu, de toute éternité;
Ton trône est stable à perpétuité;
D’en haut tu vois les fleuves s’augmenter,
Les eaux grossir, les vagues s’irriter.

3. Tu vois les flots l’un sur l’autre entassés,
Comme en fureur jusqu’au ciel élancés;
Mais ton pouvoir réprime leur courroux,
Ton seul regard les rend calmes et doux.

4. Dieu tout-puissant, dont les oracles saints
Furent toujours fidèles et certains,
Fais qu’on te craigne et qu’en toute saison
La sainteté puisse orner ta maison.

(PSautier de Genève 1729)

14/10/2017

PSAUME 92 : Que l’entreprise est belle De te louer

1. Que l’entreprise est belle De te louer, Seigneur, De chanter ton honneur D’un cœur humble et fidèle! Quand le soleil se lève, D’annoncer ta bonté! Et ta fidélité, Quand sa course s’achève!

2. À la douce harmonie
Que sait former la voix,
Des flûtes, des hautbois
Joignons la symphonie.
Le cœur plein d’allégresse,
Je publie aux humains
Qu’aux œuvres de tes mains
Éclate ta sagesse.

3. Grand Dieu, quelle est ta gloire
Et tes moindres projets!
Et que tous tes hauts faits
Sont dignes de mémoire!
Qui peut jamais comprendre
Tous tes profonds desseins?
Les stupides humains
N’y peuvent rien entendre.

4. Si les pervers fleurissent
Comme l’herbe des champs,
Si de tous ces méchants
Les desseins réussissent,
Leur gloire peu durable
Passera toutefois;
Mais, grand Dieu, Roi des rois,
Ta force est immuable.

PAUSE

5. De tous tes adversaires
La race périra;
Ton bras dissipera
Ceux qui te sont contraires.
Moi, dans ces jours de fête,
Sans peur je marcherai,
Joyeux je répandrai
Des parfums sur ma tête.

6. Vivant dans l’abondance,
Je verrai de mes yeux
Sur tous mes envieux
Les coups de ta vengeance:
Et de tous ces rebelles,
Dont l’orgueil tombera,
Chaque jour m’apprendra
D’agréables nouvelles.

7. Mais dans un heureux calme
S’élève l’homme droit,
Tel qu’au Liban l’on voit
Ou le cèdre, ou la palme:
Et les heureuses plantes
De la maison de Dieu
Croîtront en ce saint lieu
Belles et florissantes.

8. On y verra sans cesse
Des arbres toujours verts
Chargés de fruits divers
Jusques dans leur vieillesse.
Ainsi mon Dieu propice,
Qui des siens est l’appui,
Ne laisse voir en lui
Nulle ombre d’injustice.

(Psautier de Genève 1729)

PSAUME 91 : Qui sous la garde du grand Dieu

1. Qui sous la garde du grand Dieu Pour jamais se retire, Sous son ombre, en un si haut lieu, Assuré peut se dire. Dieu seul est mon libérateur, Mon espoir, mon asile; Sous la main d’un tel protecteur, Mon âme, sois tranquille.

2. Des filets du rusé chasseur
Son secours te délivre;
Malgré le cruel oppresseur,
Sa bonté te fait vivre.
En tout temps il te couvrira
De l’ombre de ses ailes;
Son bouclier te sauvera
Des atteintes mortelles.

3. Tu ne craindras jamais, de nuit,
Les soudaines alarmes;
Ni de jour, au milieu du bruit,
Le dur effort des armes;
Ni la peste nous surprenant
Lorsqu’endormis nous sommes;
Ni sa fureur exterminant
En plein midi les hommes.

4. Mille à ta gauche tomberont
Des traits qu’elle décoche;
Dix mille à ta droite en mourront
Sans qu’aucun mal t’approche.
Tes yeux pourront voir sans effroi
Le jugement sévère,
Lorsque les méchants devant toi
Recevront leur salaire.

PAUSE

5. Heureux d’avoir choisi ton Dieu
Pour protecteur, pour juge,
Tu trouves dans un si haut lieu
Un assuré refuge.
Aucun mal ne saurait toucher
Qui l’a pour sa défense,
Ni de sa maison approcher
Jamais rien qui l’offense.

6. Il aura soin de commander
Aux anges, ses ministres,
D’être avec toi pour te garder
D’événements sinistres.
En leurs mains ils te porteront,
Rendant ta route sûre;
Tes pieds jamais ne heurteront
Contre la pierre dure.

7. Tu pourras fouler les aspics,
Les lions pleins de rage,
Les dragons et les basilics,
Sans danger, sans dommage.
Car Dieu dit, en parlant de toi:
Il me craint, il m’adore;
Serait-il délaissé de moi,
Lui, qui m’aime et m’honore?

8. À tous ses vœux je répondrai;
Et quoi qu’il entreprenne,
Auprès de lui je me tiendrai,
Pour le tirer de peine.
À souhait il verra ses jours
Et prospérer et croître;
Et toujours pour lui mon secours
Sera prêt à paraître.

(Psautier de Genève 1729)

16/09/2017

PSAUME 89 : Je chanterai, Seigneur, sans cesse, ta bonté;

1. Je chanterai, Seigneur, sans cesse, ta bonté; Je parlerai sans fin de ta fidélité; Je dirai ta bonté, dont la terre est remplie, Et ta fidélité dans les cieux établie; Car de ces vastes corps la course invariable Est un signe certain de ta grâce immuable.

2. J’ai fait avec David un accord assuré;
J’ai, dit le Tout-puissant, à mon élu juré
Que jusques à la fin je bénirais sa race,
Et que, selon ses vœux, je lui ferais la grâce
Que du trône royal on verrait l’héritage
Passer à ses enfants, et durer d’âge en âge.

3. Les cieux prêchent, ô Dieu, les œuvres de tes mains,
Et ta fidélité reluit parmi les saints.
Qui saurait imiter dans l’air, ou sur la terre,
La force de ton bras qui lance le tonnerre?
Dans le plus haut des cieux est-il quelque puissance
Qui puisse s’égaler à ta divine essence?

4. Sur un trône éclatant, Dieu plein de majesté,
Brille au milieu des saints, dont il est respecté.
Ô Seigneur, dont la force est seule redoutable,
Éternel, qui peux tout, nul n’est à toi semblable;
Ta suprême grandeur de toutes parts est ceinte
Des rayons lumineux de ta vérité sainte.

PAUSE 1

5. S’il te plaît, de la mer tu soulèves les flots;
Quand tu veux, tu lui rends le calme, le repos.
Tu sus vaincre l’Égypte, ainsi qu’à coups d’épée;
Ton bras des ennemis la force a dissipée;
À l’univers entier ta main a donné l’être,
Et la terre et les cieux t’ont reconnu pour maître.

6. Tu créas le midi, tu formas l’aquilon;
Hermon et le Tabor font résonner ton nom;
Ton bras est tout-puissant, ta main forte et robuste;
Ta droite est élevée, et de ton trône auguste
L’équité, la justice ont affermi la place;
La clémence et la foi marchent devant ta face.

7. Que le peuple est heureux qui sait te révérer!
On le verra toujours fleurir et prospérer,
Et suivre de tes yeux la clarté salutaire;
Ton nom fait le sujet de sa joie ordinaire,
Quand il te plaît, Seigneur, de ta bonté fidèle,
Lui donner chaque jour quelque marque nouvelle.

8. Si nous sommes vainqueurs, l’honneur t’en appartient;
Et si nous triomphons, ce bonheur ne nous vient
Que de ta seule main et de ta bienveillance;
Elle est, dans les périls, notre unique assurance;
Du roi qui nous défend la force ni l’adresse,
Sans le Saint d’Israël ne seraient que faiblesse.

PAUSE 2

9. Autrefois dans ta grâce, avant tous nos malheurs,
Parlant par visions à nos prédécesseurs,
J’ai promis, leur dis-tu, ma divine assistance
Au plus fort d’entre vous qui marche en ma présence,
Je veux dire à David, mon serviteur fidèle,
Que j’ai pris d’entre ceux que mon peuple j’appelle.

10. Comme par ma sainte huile il me fut dédié,
Je veux que de ma main il se sente appuyé;
Mon bras le soutiendra dans toutes les alarmes;
Et jamais abattu par la force des armes,
Il ne soupirera sous un joug tyrannique,
Ni ne sera foulé d’aucun tribut inique.

11. C’est moi qui frapperai ses plus fiers ennemis;
Ils seront à ses pieds et vaincus et soumis.
Ma clémence et ma foi seront sa compagnie;
Sa force s’accroîtra par ma force infinie;
De l’une de ses mains la mer il pourra prendre,
Et de l’autre il saura jusqu’aux fleuves s’étendre.

12. Ô mon Père, ô mon Dieu, qui seul est mon recours,
Me dira-t-il, sans cesse implorant mon secours.
Moi, pour mon fils aîné je le ferai connaître,
Et des rois les plus craints je le rendrai le maître;
Ma faveur lui sera pour jamais assurée,
Et ferme la parole à lui-même jurée.

PAUSE 3

13. J’établirai les siens à perpétuité;
Son règne d’aucun temps ne sera limité,
Tel que le cours des cieux; et si jamais sa race,
Trop ingrate ou légère, abuse de ma grâce,
S’ils transgressent les lois de ma sainte alliance,
Ils sentiront les coups de ma juste vengeance.

14. Je saurai m’enquérir, et d’eux, et de leurs faits,
Leur reprocher leur faute et punir leurs forfaits;
Mais ma grâce pour eux ne sera point éteinte,
Et bientôt mes bontés feront cesser leur crainte.
Non, rien ne peut changer l’effet de ma promesse;
Ce que j’ai dit est stable, et le sera sans cesse.

15. C’est par ma sainteté que solennellement
À mon oint, à David, j’en ai fait le serment,
Que le siège royal où ma bonté le place,
Sans interruption fleurira dans sa race;
Comme on voit le soleil et la lune luisante
Annoncer dans les cieux ma vérité constante.

16. Et toutefois, Seigneur, tu l’as abandonné
Ce roi de toi chéri, de ta main couronné;
Irrité contre lui, tu romps ton alliance,
Et tu foules aux pieds sa gloire et sa puissance;
Tu fais tomber les murs de ses plus fortes places,
Et rien n’égale enfin ses cruelles disgrâces.

PAUSE 4

17. Il se voit sans secours aux passants exposé;
Il est de ses voisins durement méprisé;
Tu relèves le cœur de ses fiers adversaires,
Et tu fais prospérer ceux qui lui sont contraires;
Loin de le soutenir, ta main, dans la bataille,
De son épée émousse et la pointe et la taille.

18. On voit tout son éclat par toi-même effacé,
Et de ta propre main son trône renversé;
Tu retranches, Seigneur, le cours de sa jeunesse,
Et le couvres partout de honte et de tristesse.
Est-ce donc à jamais, que, cachant ton visage,
Le feu de ton courroux détruit ton héritage?

19. Daigne considérer, Arbitre de nos jours,
Que dans l’espace étroit où tu bornes leur cours,
À grands pas chaque jour l’heure dernière avance;
Voudrais-tu que la mort prévint ta délivrance?
Cette bonté, Seigneur, si grande et si connue,
Tant promise à David, qu’est-elle devenue?

20. Seigneur, prends intérêt aux affronts qu’on nous fait,
Et voit des nations l’orgueil et le forfait.
Elles ont de ton oint diffamé la conduite;
Fais-nous voir leur fureur sous ton pouvoir réduite.
Béni soit l’Éternel; que son peuple fidèle
Célèbre incessamment sa louange immortelle.

(Psautier de Genève 1729)

02/09/2017

PSAUME 88 : Mon Dieu, mon unique Sauveur

1. Mon Dieu, mon unique Sauveur, Nuit et jour devant toi je crie; Fais que mes vœux, quand je te prie, Montent à toi par leur ferveur; Daigne ton oreille me tendre, Et mes tristes clameurs entendre.

2. Seigneur, tu me vois surmonté
Par les maux qui me font la guerre;
Entre les morts que l’on enterre
Déjà je puis être compté;
Abattu par un long orage,
Je perds la force et le courage.

3. On me laisse seul au besoin,
Pressé d’une douleur trop forte,
Et tel qu’une personne morte
Dont tu ne prends plus aucun soin,
Que ta main propre a retranchée,
Et dans le sépulcre couchée.

4. Hélas! Seigneur, tu m’as jeté
Dans des gouffres épouvantables;
Tes jugements si redoutables
Sur moi partout ont éclaté;
Ton courroux a couvert ma tête
De tous les flots de ta tempête.

5. Tu m’as privé de mes amis,
À qui je deviens exécrable,
Des mortels le plus misérable
Dans l’état triste où tu m’as mis,
Sans secours, sans nulle espérance
De jamais voir ma délivrance.

PAUSE

6. Mes yeux sont ternis de langueur;
Et tous les jours, devant ta face,
Tu me vois implorant ta grâce.
Hélas! attendras-tu, Seigneur,
À montrer ta force divine
Dans ceux sur qui la mort domine?

7. Verra-t-on du tombeau sortir
Les morts pour chanter tes merveilles?
Et tes louanges sans pareilles
Dans le sépulcre retentir?
Ta grâce et ta vertu reluire
Où la mort a pu tout détruire?

8. Voit-on que ta fidélité
Dans les ténèbres se publie?
Et sous la terre, où tout s’oublie,
Se souvient-on de ta bonté?
Mais pour moi, de toute mon âme,
Dès le matin te je réclame.

9. Pourquoi donc m’as-tu rejeté?
Pourquoi me cacher ton visage?
Je fonds en pleurs dès mon jeune âge,
En mille sortes tourmenté,
Accablé de douleurs cruelles,
Craignant tes menaces mortelles.

10. Tes fureurs ont passé sur moi;
Tes vengeances les plus terribles,
Comme des déluges horribles,
Nuit et jour m’ont rempli d’effroi;
Pressé des maux qui m’environnent,
Mon corps frémit, mes sens s’étonnent.

11. Ta colère éloigne de moi
L’ami que j’avais cru fidèle;
C’est vainement que je l’appelle
Dans le malheur où je me vois.
Hélas! au fort de ma détresse
On se retire, on me délaisse.

(Psautier de Genève 1729)

01/09/2017

PSAUME 87 : Notre grand Dieu, pour rendre ses oracles

1. Notre grand Dieu, pour rendre ses oracles, Des monts sacrés a fait élection; Il aime mieux les portes de Sion, Que de Jacob les divers tabernacles.

2. Ô que de toi de merveilles sont dites,
Jérusalem! Ton destin sera tel,
Que l’on verra d’Égypte et de Babel
Le peuple entier, rangé dans tes limites.

3. Du Tyrien, du Philistin, du More,
Il sera dit, qu’ils sortent de ton sein;
Tous s’unissant, par un pieux dessein,
Craindront le Dieu qu’en Sion l’on adore.

4. C’est là que Dieu, déployant sa puissance,
Tout autre peuple à son peuple joindra,
Enfin chacun de Sion se dira,
Et de Salem vantera sa naissance.

5. Des chantres saints l’agréable harmonie
Retentira partout à son honneur;
Je répandrai sur toi, dit le Seigneur,
De mes trésors l’abondance infinie.

(Psautier de Genève 1729)

26/08/2017

PSAUME 85 : Aux tiens, Seigneur, tu redonnes la paix

1. Aux tiens, Seigneur, tu redonnes la paix; Jacob a vu ses captifs de retour; À tes enfants tu remets leurs forfaits, Et ta pitié se déclare à son tour; De ta fureur le feu plus modéré, Semble en ce jour s’être un peu retiré. Mais, ô grand Dieu, qui nous étais si doux, Achève enfin d’éteindre ton courroux.

2. Est-ce à jamais que tu veux nous punir?
Est-ce sans fin que ta main frappera?
Plutôt, Seigneur, tu viendras nous bénir;
Et tout ton peuple, aussi te bénira.
Dieu tout-puissant, que notre indignité
N’arrête point le cours de ta bonté.
Tu vois nos maux, donne-nous ton secours,
C’est à toi seul que nous avons recours.

3. J’écouterai ce qu’il prononcera,
Pour ceux qu’il aime, et qui le chercheront.
Ce Dieu clément de paix leur parlera;
Et de leur faute ils se repentiront.
Quand on le craint, qu’on l’invoque au besoin,
D’un Dieu si bon le secours n’est pas loin;
Par sa faveur nous verrons de nos yeux,
Sa gloire encore habiter dans ces lieux.

4. La grâce alors à la foi s’unira,
Et la justice embrassera la paix;
La vérité de la terre naîtra,
Et Dieu d’en haut comblera nos souhaits;
Il répandra ses biens dans nos maison;
Nos champs rendront leurs fruits en leurs saisons;
Devant ses pas marchera la bonté;
Partout, sous lui, régnera l’équité.

(Psautier de Genève 1729)

17/06/2017

PSAUME 84 : Rois des rois, Éternel mon Dieu

1. Rois des rois, Éternel mon Dieu, Que ton tabernacle est un lieu Sur tous les autre lieux aimable! Mon cœur languit; mes sens ravis Ne respirent que tes parvis, Et que ta présence adorable; Mon âme, vers toi s’élevant, Cherche ta face, ô Dieu vivant.

2. Hélas ! on voit le moindre oiseau,
L’hirondelle et le passereau,
Trouver son nid et sa retraite;
Et moi, dans mes ennuis mortels,
Je languis loin de tes autels;
C’est en vain que je m’y souhaite.
Heureux, qui peut dans ta maison,
Te louer en toute saison!

3. Ô mille fois heureux celui,
De qui toujours tu fus l’appui,
Et qui d’une route constante,
Passe, pour te rendre ses vœux,
Le vallon sec et sablonneux,
Sans que la peine l’épouvante!
L’eau vive sous sa main naîtra,
L’eau du ciel ses puits remplira.

PAUSE

4. Toujours plus forts ils marcheront,
Jusqu’à ce qu’enfin ils viendront
Dans Sion, devant Dieu se rendre.
Toi, qui veilles sur Israël,
Grand Dieu, de ton trône éternel,
Daigne mes prières entendre;
Dieu de Jacob, exauce-moi,
Quand j’élève mon cœur à toi.

5. Ô Dieu, qui nous défends des cieux,
Vers ton oint tourne enfin les yeux;
Il aime mieux en toutes sortes,
Un jour chez toi que mille ailleurs;
Il croit les emplois bien meilleurs
Des simple gardes de tes portes,
Que d’habiter dans ces palais
Où la vertu n’entre jamais.

6. Qui veut en toi se confier,
T’a pour soleil, pour boucliers;
Tu donnes la gloire, et fais grâce.
Jamais ta divine bonté,
À qui vit dans l’intégrité,
De faire du bien ne se lasse.
Ô l’homme mille fois heureux,
Qui n’adresse qu’à toi ses vœux!

(Psautier de Genève 1729)

10/06/2017

PSAUME 83 : Ô notre Dieu, réveille-toi

1. Ô notre Dieu, réveille-toi, Parle et te montre en cet effroi; Que désormais rien ne t’arrête; Le camp des ennemis s’assemble, Sur nous ils fondent tous ensemble, Et contre toi lèvent la tête.

2. Ils ont, avec habileté,
Contre ton peuple concerté
Ce que leur malice imagine;
De tous ceux qu’ils ont vu se plaire
À l’ombre de ton sanctuaire,
Ils ont résolu la ruine.

3. Qu’ils soient, disent-ils, tous défaits;
Que de ces gens et de leurs faits
Tombe à nos pieds toute la gloire;
Et qu’enfin des Israélites,
De leur nom ni de leurs limites,
Il ne reste plus de mémoire.

4. Tous d’un accord ont conjuré,
Tous ont contre toi conspiré;
L’Idumée et la Palestine,
De Moab et d’Agar la race,
Hammon qui suit la même trace,
Et la nation Guébaline.

5. Amalec et les Tyriens,
Ismaël, les Assyriens,
Toutes leurs forces y déploient;
Dans la fureur qui les transporte,
Ils courent pour donner main forte
Aux fils de Lot qui les emploient.

6. Rappelle l’heureuse saison,
Lors que Jabin, sur le Kison,
Vaincu dans une juste guerre,
Servit de fumier sur la terre;
Quand les cruels Madianites
Furent chassés de nos limites.

PAUSE

7. Renverse leurs chefs, comme Horeb,
Et comme l’orgueilleux Zéeb,
Zébah, et Salmuna, leurs princes;
Car, poussés d’une aveugle rage,
Ils voudraient que ton héritage
Devint une de leurs provinces.

8. Comme une boule va roulant,
Comme un tourbillon violent
À son gré le chaume promène,
Comme un feu qui réduit en cendre
Une forêt, et qui fait fendre
Des rochers la cime hautaine;

9. Qu’ainsi ton orage, ô mon Dieu,
Les poursuive, et qu’en chaque lieu
Ta foudre gronde sur leur tête;
Que la honte en leur front soit peinte;
Et que par amour ou par crainte
À te servir chacun s’apprête.

10. Qu’enfin à jamais confondus,
Tout effrayés, tout éperdus,
Ils sentent ta juste puissance.
Qu’au nom d’Éternel que tu portes,
La terre entière, en toutes sortes,
Rende une prompte obéissance.

(Psautier de Genève 1729)